La maman de Julie, jeune fille de terminale, prend rendez-vous pour une séance d’hypnose. Julie est sujette au malaise vagal depuis deux mois. Une batterie d’examens a été faite : bilan sanguin, ORL et cardiologue compris. Rien. Le cardiologue suspecte un trouble d’ordre émotionnel.

Julie ne se rend pas compte, cela la prend n’importe quand, sans émotion forte particulière préalable. Elle a eu son concours pour l’école supérieure, elle a eu son permis de conduire, elle a un nouveau copain avec qui ça se passe mieux… Des changements qui roulent.

Au fil de la conversation, on retrace pourtant que cela s’est déjà produit par le passé, de la même façon lorsqu’elle était en 5ème durant 5 ou 6 mois. « Est-ce que tu le relies à quelque chose ? » Là il n’y avait pas de changement particulier ; et puis à y réfléchir, si, son demi-frère est né cette année-là. Un changement significatif qui concerne son père, ok.

Aujourd’hui, elle ne voit plus son père. Il a souvent été indisponible, et pour le coup elle a décidé récemment de ne plus se rendre chez lui un week-end sur deux, comme il est normalement convenu.

Je laisse le choix à Julie si sa mère reste pendant la séance ou pas. Ca lui est égal, puis finalement on passe la séance à deux. On poursuit l’anamnèse en reprenant le sujet du papa.

« Il s’en fiche ; il écoute il dit oui oui, ça rentre par une oreille, ça ressort par l’autre. (émotion) – C’est l’impression que tu as ? – Oui » (l’émotion s’est exprimée et fait reconnaître, ok)

Julie aime l’équitation et monte tous les vendredis de 18h à 21h. « C’est vraiment le moment où je ne pense à rien ». PARFAIT Je sonde comment elle le pratique, et on part faire une belle ballade.

  • Induction par une séance d’équitation

« Je t’invite à décroiser tes jambes, à poser tes deux pieds par terre, à poser tes mains sur tes cuisses, et tout simplement à te reconnecter à cette émotion-là quand tu montes à cheval. Et tu peux pour cela fermer les yeux si tu es plus confortable, pour visualiser vraiment là où tu te rends pour aller monter à cheval. L’endroit; peut-être le temps qu’il faisait vendredi dernier; et l’air. La température de l’air sur ta peau quand tu es descendue de voiture pour avancer, pour te diriger là où tu avais à te diriger dans cette écurie, au tout début. Peut-être voir lequel des deux chevaux tu montais ce soir-là et t’en occuper.

Commencer par le commencement, dans cette routine qui t’est vraiment familière. Peut-être la sortie du boxe, curer les sabots, important ; le brosser, lui parler, il est content de te voir, en prenant tout le temps du monde, sentir son odeur si particulière et la chaleur de son corps sous tes mains, peut-être au niveau de l’encolure, peut-être au niveau de la tête entre les deux yeux, entre les deux oreilles, toutes ces parties, que tu connais par cœur.

Et puis continuer, prendre le nécessaire pour penser à sceller ta monture; et tu y vas, partie par partie. Peut-être un tapis, peut-être un deuxième je ne sais pas, mais toi à l’intérieur, tu le sais, tu sais exactement où se trouve chaque détail qui compose cette monture, et de quelle façon il faut le placer, à quel endroit sur le dos de l’animal, et tu le fais à ton rythme (soupir et ratification). Et en prenant tout le temps qui est nécessaire pour ce faire, tu prépares ton ami.

Et puis tu te diriges, peut-être en ayant papoté déjà avec les autres personnes qui suivent ce cours avec toi, vers le manège, à l’intérieur ou à l’extérieur, suivant les intempéries, et tu entends le son des sabots sur le sol entre le boxe et le manège, puis dans le manège c’est tellement différent, le son est comme étouffé dans le sable, cette terre si particulière spécialement conçue pour prendre soin des chevaux. Peut-être es-tu déjà montée sur le cheval à cet instant là, peut-être l’as-tu mené au manège en le guidant, je ne sais pas moi, mais toi à l’intérieur, tu le sais.

  • Approfondissement

Et une fois sur l’animal, cet ami, y a plus rien d’autre qui compte. C’est comme si tu n’étais plus seulement toi, mais un autre toi, plus complet, plus épanoui, plus fluide, en interaction avec cet animal tellement grand, et chaleureux, et puissant. Tu sens sa force, elle te porte; et tu avances et vous vous exercez, tous les deux, au rythme des instructions qui te sont données; et vous vous efforcez chacun, ensemble, de donner le meilleur de vous et c’est très agréable.

Le rythme peut changer, être plus soutenu, plus dynamique, au gré des exercices qui vous sont donnés; et de façon totalement inconsciente, tu restes connectée à ton animal, et c’est magique. Vraiment par moment tu peux sentir la magie qui s’opère si tu y prêtes réellement attention. C’est ça. Parce que tu n’as plus besoin de forcer, ou de trop forcer sur le mouvement. Une simple posture sur le dos de ton cheval et il sait que vous allez partir, vous diriger d’un côté ou de l’autre, comme si la connexion était établie, entre toi et lui, parce qu’elle l’est, tout simplement; et il suffit juste de la laisser s’exprimer, de lui donner sa place, de lui faire confiance.

Et tu peux continuer à te promener, à continuer tes exercices. Ou encore à partir en promenade, après, comme une récompense. Peut-être retraverser des endroits un petit peu boisés, des chemins vraiment particuliers, où la texture du sol est différente. Où dans tous les cas, il y a toujours un potentiel de surprise, de ressources. On ne sait pas lors des balades exactement ce que l’on a à faire, ni ce qu’on a à voir.

On se laisse tout simplement surprendre parfois, par ce qui se présente, tout en restant attentif à son cheval, attentif à soi, et aux potentielles surprises qui peuvent survenir, comme pourquoi pas un bruit tout à coup. Une voiture qui passe. Et rester calme. Rester à sa place. Ne pas se laisser embarquer. Et la sérénité qui est en toi, tu peux la transmettre à ton tour, à ton cheval, en étant bien ferme, et centrée. Attentive. Et puis, il y a les plaisirs plus légers: le chant d’un oiseau, qui te fait plaisir à toi. Et tu ne le sais peut-être pas, consciemment, mais au fond tu peux peut-être le sentir aussi, que cela fait plaisir à ton cheval.

 

  • Instauration des signaux des doigts, très clairs
  • Reconnexion aux moments si particuliers que Julie a nommé « malaise vagal »,
  • Assurance écologique
  • Contact avec la partie responsable de « malaise vagal »… Et c’est parti pour un recadrage classique, du comportement interne « malaise vagal ».

[…] Alors que Julie, peut continuer sa balade à cheval, là à l’intérieur, et continuer le parcours qu’elle connaît déjà par cœur, et pourquoi pas s’inventer de nouveaux sentiers…[…]

  • Fête des parties assez longue (signal oui quand terminée)
  • Rêvage de rêve d’intégration

… en prenant vraiment tout le temps du monde. Peut-être en continuant d’ailleurs la balade à cheval d’une nouvelle façon. En voyant déjà la différence entre le début de la séance et maintenant, et (tu peux) voir comme tu sens chaque détail, chaque mouvement, chaque début d’impulsion, avant même que le mouvement n’ait lieu.

Et à reprendre tous les éléments qu’il y a à prendre et à garder dans cette séance et à laisser de côté, tout ce qu’il peut y avoir à laisser de côté, pour ne garder vraiment que l’essentiel, tel un trésor que tu portes, comme on peut porter parfois ce que l’on aime autour du cou (Julie porte une chaîne avec un pendentif en forme de cheval) le garder là bien accessible à toi à chaque fois que tu en auras besoin. Je t’invite à rêver ce rêve à ton gré pendant deux minutes de temps d’horloge, tout le temps du monde, et moi en attendant je reste à tes côtés, attentive à toi et silencieuse.

  • Sortie de transe
  • Des questions ou des commentaires ?

« – J’étais partie très loin (rires) […] Au début j’étais pas trop à l’aise en fait, l’impression d’être crispée, et après je suis partie et… je sais pas combien de temps il s’est passé entre le moment où ça a commencé et là. J’ai vraiment perdu la notion du temps en fait. […] Et par contre c’qu’est marrant c’est qu’j’ai la douleur que j’ai à cheval en fait au niveau du dos, tout le temps à force d’être droite…

– C’est vrai ?

– Et là je l’ai la douleur (rires).

– Mince ! Les inconvénients de monter à cheval !

– Non non mais ça passe vite en fait, c’est parce que je suis un peu cambrée et quand chuis à cheval, ça me force à être droite et là je l’ai la douleur.

– Au moins tu y étais quoi!

– Ah oui oui oui (rires).

– C’est cool ! […] Pas d’autres points à évoquer ?

– Non. »

 

  • Épilogue

Trois semaines plus tard, je reçois la maman de Julie pour un tout autre sujet. Avant de commencer, elle me passe le bonjour et le merci de sa fille : plus aucun malaise vagal depuis la séance, et elle a même pris de l’assurance, notamment à cheval et au saut d’obstacles !

 

Pour en savoir plus sur le malaise vagal, une description simple et claire parue dans un article de Science et Avenir en mai 2018

Pour en savoir plus sur l’hypnose éricksonienne


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